Vous trouverez ici l’ensemble des informations utiles à la culture des Tillandsia. Ces informations ne sont que des lignes directrices, que vous devrez adapter aux paramètres propres à votre intérieur ou à votre matériel de culture. Il va de soi qu’un Tillandsia cultivé dehors et la même plante en terrarium ne vont pas demander les mêmes soins. Dans tous les cas, ne changez de méthode de culture que si cela s’avère nécessaire : on ne change pas une équipe qui gagne et ce, même si vous faites l’inverse de ce que la plupart des cultivateurs conseillent !

          Retenez aussi qu’il vaudra toujours mieux pécher par défaut que par excès, que ce soit pour l’arrosage, l’humidité, la luminosité ou l’engrais. En effet les carences en eau, hygrométrie ou engrais ne tuent que lentement les Tillandsia. A l’inverse un excès d’apport d’eau ou d’engrais aura tôt fait de malmener les feuilles, de manière souvent irréversible. De même, une humidité trop importante pourra poser des problèmes phytopathologiques alors que s’il en manque, la plante vous le fera savoir en séchant lentement par les extrémités, ce qui vous laissera le temps de réagir. La lumière lorsqu’elle n’est pas assez forte, provoque des problèmes de croissance : absence de croissance, étiolement (la plante s’allonge anormalement pour aller chercher la lumière), absence de fleurs, absence d’écailles sur les feuilles… Un excès de lumière quant à lui, peut endommager une partie des feuilles de vos plantes en quelques heures seulement et de manière définitive !

          N’oubliez pas que la plupart des Tillandsia se cultivent en épiphyte, c’est-à-dire sur un simple bout de bois ou posé sur un caillou, dans une soucoupe ou un coquillage… De ce fait, ils n’ont pas de pot où puiser l’eau en cas de sècheresse et vous devrez donc veiller à ce qu’ils ne sèchent pas. Rassurez-vous, ces plantes sont adaptées à ce type de culture, vous aurez le temps de constater ce manque d’arrosage ou d’humidité bien avant la mort de la plante.

          Pour finir, je tiens à préciser que ces conseils sont le fruit de plusieurs années d’expériences, mais qu’ils sont à appliquer en fonction de vos propres conditions de culture. Par exemple je préfère éviter le plein soleil pour certaines de mes plantes même si la littérature le recommande et ce pour une raison toute simple : j’habite en Lorraine. L’été, le soleil peut parfois être agressif et l’air très sec. Rien à voir par exemple avec ce que l’on retrouve dans l’ouest de la France, en Bretagne particulièrement, où il est possible de cultiver en plein soleil des plantes qui brûleraient ou sècheraient en quelques jours chez moi (dans le sud est et en Alsace également). Ceci n’est qu’un exemple, il en va de même pour les arrosages : on arrose moins ou presque pas les Tillandsia l’été en Bretagne, alors que moi je dois, certains étés, « jouer du vapo » régulièrement, sans quoi de nombreux jeunes sujets dépériraient. N’oubliez pas de tenir compte de cela lorsque vous consultez cette page ou les fiches botaniques.

Note : le genre Tillandsia, qui regroupe plusieurs centaines d’espèces, est très hétérogène. En effet, on retrouve dans ce genre des plantes ayant besoin d’humidité permanente et ne supportant pas le frais ainsi que des espèces pouvant supporter -10°C (voire moins!) ou alors vivre plusieurs mois sans eau. Pour simplifier les choses, les Tillandsia sont classés en groupes en fonction de leur densité d’écailles : les espèces blanches, les espèces intermédiaires et celles à feuillage en partie dépourvu ou avec peu d’écailles (et donc vertes). Voici un lien vers une partie de la description botanique qui résume tout cela et que je vous conseille de lire si vous venez d’arriver.

          Compte tenu des multiples paramètres à prendre en compte lors de la culture de ces plantes, je vous rappelle que les conseils qui suivent (comme les précédents) ne sont que des « moyennes » de ce que j’ai pu observer ou lire. N’oubliez pas que ce ne sont que des conseils de base s’appliquant aux espèces les plus courantes :). Pour des informations plus précises concernant une espèce donnée, reportez-vous aux fiches botaniques.

 

Aération ; Arrosage ; Engrais ; Espèces faciles ; Floraison ; Graines ; Humidité ambiante ; Lumière ; RejetsSupports de culture ; Température

 

Lumière

          De manière générale, les Tillandsia sont des plantes de lumière. Ils apprécient une luminosité soutenue, en évitant toutefois de les exposer trop longtemps au soleil direct. Si la luminosité est insuffisante (plus la plante est blanche, plus elle a besoin de lumière) la plante ne pourra pas se développer correctement et dépérira rapidement. Les premiers symptômes d’un manque de lumière sont l’apparition de nouvelles feuilles plus foncées, moins/pas écailleuses, anormalement longues et souples. Si le manque de lumière est trop important ou persiste, la plante mourir d’un coup, souvent en commençant par les extrémités. A l’inverse, si la plante reçoit trop de lumière (solaire), elle risque de brûler au niveau des parties exposées.

Note : certaines espèces vont se protéger d’un excès de lumière en synthétisant des pigments qui vont donner à l’épiderme une couleur allant de rouge au violet (presque noirâtre parfois), en dehors de la floraison. Je conseille dans ce cas de les protéger un peu plus, afin d’éviter tout risque de brûlure.

          Au niveau de la culture, plusieurs solutions sont possibles pour offrir à vos plantes la lumière dont elles ont besoin :

 

Près d’une fenêtre :

          L’avantage des Tillandsia est de pouvoir vivre sur un bout de bois, que vous pouvez accrocher sur un rideau ou poser sur le rebord de la fenêtre. Veillez cependant à les disposer très près de la vitre (à moins d’un mètre), en évitant les fenêtres exposées Nord. Prenez garde également à ne pas les laisser sans protection l’été s’ils sont disposés côté Sud, certaines espèces n’appréciant pas les coups de soleil.

Note : il est évident que la présence d’un radiateur sous la fenêtre va poser des problèmes l’hiver, évitez donc ce type de disposition.

          En plus de ces indications, il faudra tenir compte de la situation de votre maison ou appartement. Si vous êtes en ville avec beaucoup de grands immeubles aux alentours, il faudra rapprocher vos plantes un peu plus des fenêtres et ne privilégier que les fenêtres orientées Sud. Si vous n’avez pas de fenêtre côté Sud ou si votre appartement est malgré tout trop sombre, vous risquez d’avoir du mal à cultiver vos Tillandsia. Il existe cependant une alternative : l’éclairage artificiel.

 

La lumière artificielle :

          Bien que nécessitant un peu d’investissement, l’installation de lampes ou de néons permet un contrôle total de la luminosité. Quelques règles cependant à respecter :

    • N’utilisez que des lampes ou des néons adaptés à l’horticulture. Généralement il est conseillé d’en mettre plusieurs (un spectre « chaud » (rouge ou jaune) et un spectre « froid » (blanc ou bleuté) par exemple). Les néons achetés en magasin d’aquariophilie peuvent convenir, du moment que le spectre convient pour les plantes. Il existe des lampes à large spectre mais elles sont plus onéreuses et seulement recommandées pour les collections importantes.
    • N’utilisez pas d’halogènes ou d’ampoules classiques (à incandescence). Elles n’émettent pas le bon spectre lumineux et chauffent trop compte tenu de leur rendement. Une plante a l’impression d’être presque dans le noir à côté de ce type d’éclairage.
    • Ne placez pas les plantes à moins de 20 cm des tubes, et pas à plus de 60cm.
    • Eclairez environ 12 à 16 heures par jour (suivant l’intensité et la saison) si vos plantes ne voient pas la lumière du jour. Dans le cas d’un appoint de lumière artificielle pour compléter celle apportée naturellement, quelques heures le matin et le soir devraient suffire. Faites en sorte dans ce cas que vos plantes aient 12 heures au minimum d’éclairage par jour.
    • Il est vivement conseillé d’utiliser un programmateur pour régler les heures d’éclairage.

 

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Note : lorsque vous les cultivez sous lumière artificielle, il est conseillé de changer légèrement l’orientation de vos plantes 1 ou 2 fois par mois, afin que les parties qui ne sont pas éclairées directement ne meurent pas. Si vous voulez en savoir plus sur les systèmes d’éclairages horticoles, je vous invite vivement à lire cet article qui devrait beaucoup vous intéresser.

 

En extérieur :

          Contrairement aux Phalaenopsis, trop frileux pour prendre l’air l’été, il est vivement conseillé (mais pas indispensable pour la plupart des espèces) de disposer vos Tillandsia dehors à la belle saison, afin qu’ils profitent d’une luminosité abondante et de la fraîcheur de la nuit (ainsi que la rosée qui leur est très bénéfique). Quelques règles à respecter :

  • Disposez-les à l’ombre/mi-ombre (suivant l’espèce) en évitant le plein soleil toute la journée. Bien évidemment le soleil direct du matin ne leur pose pas de problème. Le mieux est de les placer sur une branche d’un arbre (orientée est si possible, afin qu’elles prennent le soleil le matin). On peut aussi les mettre sur les rebords extérieurs des fenêtres ou sur des balcons, en respectant toujours les règles précitées.
  • Utilisez des toiles d’ombrage (50% suffit) si vous désirez les maintenir sur une surface exposée l’après midi.Lorsque vous sortez vos plantes au début du printemps ou de l’été (suivant la région), veillez à les acclimater doucement avant de les mettre en pleine lumière. N’oubliez pas qu’elles viennent de passer plusieurs mois en intérieur, dans des conditions lumineuses faibles. Cela est surtout vrai pour les espèces à feuillage vert, peu pourvues en écailles.
  • Si vous envisagez le plein soleil, évitez d’isoler vos plantes en les mettant par exemple seules contre un mur ou au niveau du sol prêt d’une terrasse. Essayez plutôt de les placer dans un arbre sur une branche et arrangez vous pour que vos plantes ne prennent pas le plein soleil toute la journée. Il faut qu’il y ait de l’ombre à proximité des plantes exposées au plein soleil, afin qu’elles reçoivent un peu d’air plus frais. Cela évitera qu’elles se dessèchent ou brûlent à cause d’une élévation trop importante de la température. Pour vous en convaincre, essayez de toucher un mur ou une terrasse en plein soleil l’été l’après-midi : suivant la région, la température peut y dépasser 50°C ! N’oubliez pas que les Tillandsia n’apprécient pas les températures élevées.

 

Aération

          C’est un paramètre indispensable à prendre en compte pour ces plantes. En effet leur mode de vie épiphyte (ne les appelle-t-on pas d’ailleurs filles de l’air ?) et leur capacité à vivre en milieu sec suggèrent qu’elles ne supportent pas l’humidité stagnante et qu’elles exigent une aération optimale (quelques espèces comme T. juncea, pour ne citer que la plus connue, dépérissent à vue d’oeil en condition mal aérée). Veillez donc à ne pas les mettre dans des vases (oui je sais ça fait joli), des terrariums mal conçus ou dans n’importe quelle autre situation où l’aération fait défaut. Un bon moyen d’estimer cette aération : vos plantes doivent sécher en une heure environ (parfois un peu plus suivant la forme de la plante) après arrosage. Dans le cas contraire, il va falloir les changer de place…

A noter : une plante manquant d’aération va mourir d’un seul coup, généralement en pourrissant par le coeur. Il est donc difficile d’anticiper la mal.

 

Température

           La tolérance aux températures est très variable suivant l’espèce. Retenez ceci :

  • La plupart des Tillandsia préfèrent des températures allant de 10 à 25°C. Au-dessus ou en dessous de cet intervalle de températures, la croissance est plus ou moins fortement ralentie, voire stoppée.
  • Un abaissement notoire de la température la nuit (minimum 5 à 7°C de moins que le jour) leur est profitable.
  • D’une manière générale, n’exposez pas vos Tillandsia au gel, même si la plupart des espèces le supportent (si elles sont sèches) sans dommage pendant quelques heures.
  • Rentrez vos plantes si les températures annoncées avoisinent les 5°C la nuit. En dessous de cette limite, certaines espèces « courantes » vont commencer à montrer des signes de faiblesse.
  • Certaines espèces, comme T. bergeri ont besoin de prendre le frais (moins de 5°C) pour amorcer la floraison. Laissez-les donc dehors un peu plus longtemps à l’automne, en veillant toujours à ne pas les exposer au gel lorsqu’elles sont humides.

 

Humidité ambiante

          L’humidité ambiante en intérieur est rarement un problème pour cultiver les Tillandsia. En effet ce sont des plantes pour la plupart adaptées aux périodes sèches. Cela dit, si vos plantes ont les feuilles qui se dessèchent par les pointes, c’est qu’il convient d’augmenter légèrement l’hygrométrie. Ce problème arrive souvent lorsque des plantes ayant poussé en serres (avec 80% d’hygrométrie moyenne) sont mises directement en vente sans phase d’acclimatation (qui du coup se déroule chez vous!). Dans ce cas plusieurs solutions s’offrent à vous :

  • Il est possible de recréer facilement un microclimat humide en disposant de l’eau (dans un bac ou un plateau) sous la plante. On peut utiliser des billes d’argile pour accroître l’évaporation. Dans tous les cas la plante ne devra jamais toucher directement l’eau ! La plante pourrait pourrir rapidement. Pour remédier à cela, utilisez une soucoupe retournée qui servira à poser la plante au-dessus du niveau de l’eau. Pour apprendre à réaliser ce genre de bacs, lisez cet article.

 

 

  • Utilisez ce que l’on pourrait appeler l’effet de masse, c’est-à-dire regrouper les plantes pour recréer un microclimat plus favorable à l’épanouissement de celles-ci. Cela est d’ailleurs du plus bel effet avec les Tillandsia (voici un exemple).
  • Les vaporisations du feuillage sont également bénéfiques, mais faites cela le matin de manière à ce que vos plantes soient sèches avant la nuit. Vaporisez  toujours de l’eau de pluie ou filtrée. En effet les minéraux contenus dans l’eau du robinet peuvent former des pellicules sur les feuilles ce qui, à la longue, peut faire dépérir la plante. N’oubliez pas que les Tillandsia respirent, boivent et s’alimentent par leurs feuilles !
  • Lorsque vous humidifiez les plantes, il faut qu’elles sèchent en quelques heures au maximum. Dans le cas contraire, vos plantes manquent d’aération.

 

Arrosage

          La majorité des Tillandsia possède la particularité de s’alimenter en minéraux et en eau uniquement par le feuillage. Cela va un impact sur leur culture, puisque l’arrosage se résume en fait à une vaporisation des feuilles. L’arrosage est, comme pour toutes les plantes, la partie un peu délicate à ne surtout pas négliger. En effet le besoin en eau de la plante est fonction de plusieurs paramètres :

    • Plus il fait chaud et/ou sec, plus la plante aura besoin d’eau souvent.
    • Plus il y aura de lumière, plus la plante aura besoin d’eau souvent.
    • Une plante en période de croissance aura un besoin en eau plus important qu’une plante en repos.
    • Les jeunes plantes sont plus vulnérables au manque d’eau. C’est surtout vrai pour les petites plantules.
    • Les plantes en rosette et à feuilles fines, même blanches, nécessitent plus d’eau que les espèces plus aériennes ou à feuillage épais.

 

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          Cela donne en moyenne 2 arrosages hebdomadaires l’été et 1 à 2 arrosages tous les 10 à 12 jours l’hiver. Arrosez toujours de manière à ce que les plantes soient sèches au moins une partie de la nuit (car sinon cela limiterait les échanges gazeux, qui sont plus importants la nuit que la journée), de préférence le matin ou en fin d’après-midi. L’arrosage doit être régulier, pas trop fréquent mais abondant lorsqu’il a lieu. N’arrosez jamais en plein soleil et/ou lorsqu’il fait trop chaud. 

Note :  la plupart des Tillandsia sont autosuffisants en eau seulement si l’hygrométrie atteint ou dépasse en quasi-permanence un certain seuil (avec en plus des variations de température suffisantes), ce qui est plutôt rare ou de courte durée chez nous (brouillard). Vous ne pouvez donc pas compter sur leur capacité à être autonome en milieu humide et cela même si vous les cultivez dans une salle de bain ou une cuisine (car l’hygrométrie peut atteindre ce chiffre, mais sur une période beaucoup trop courte pour assurer une hydratation correcte de vos plantes). En plus de cela, j’ai déjà vu beaucoup de plantes cultivées en serre humide avec une hygrométrie de l’ordre de 85% (c’est également le cas dans un de mes terrariums) et qui sont arrosées régulièrement malgré tout. Pour résumer donc : si vous habitez en métropole et que vos plantes sont à l’abri de la pluie ou cultivées à l’intérieur, arrosez-les régulièrement !

 

          Quelques précisions sur la qualité de l’eau utilisée :

  • Les eaux déminéralisées ou osmosées peuvent être utilisées mais avec un léger apport d’engrais (car il n’y a pas assez de minéraux sinon).
  • Utilisez de l’eau à température ambiante, peu chargée en minéraux (eau de pluie, de source, filtrée, minérale…), avec un pH légèrement acide (donc inférieur à 7, idéalement 6,5). Concernant le pH, certains préfèrent le faire baisser en ajoutant de l’acide (citrique, nitrique, …), pour ma part, je trouve beaucoup plus simple et sûr d’utiliser une eau déjà au bon pH (eau en bouteille où le pH est indiqué, eau de pluie car elle est toujours acide).Évitez l’eau du robinet trop calcaire et/ou trop chlorée, surtout sur de longues périodes. Si elle sent trop le chlore, laissez-la reposer 24 heures dans un récipient ouvert avant de l’utiliser. Si elle est vraiment très calcaire, utilisez plutôt de l’eau de pluie ou de l’eau minérale/de source. Vous pouvez aussi utiliser des carafes filtrantes pour améliorer la qualité de l’eau mais cela n’est rentable que pour les petites collections.
  • Si vous décidez d’utiliser de l’engrais en poudre, dissolvez-le dans l’eau quelques heures avant l’arrosage.

Note : personnellement j’utilise pour la quasi-totalité de mes plantes de l’eau de source locale ayant peu de minéraux (résidus à sec < 30 mg/L) et un pH légèrement acide (pH idéal = 6.5). Un peu d’engrais en plus de temps en temps et le tour est joué ! Pas la peine de se compliquer la vie (et en plus ça ne coûte qu’à peine plus d’1 € les 9 litres). Il y a forcément des eaux vendues en grande surface près de chez vous ayant à peu près ces caractéristiques (on retrouve ces informations sur les étiquettes ou sur internet).

 

           Pour arroser, il existe plusieurs techniques :

La vaporisation : efficace si elle est faite abondamment. N’oubliez pas que chez les Tillandsia, la vaporisation équivaut à un arrosage puisqu’ils boivent par leurs feuilles. Veillez donc à bien mouiller l’intégralité de la plante (dessus, dessous…). Pour une efficacité maximale, il est conseillé de les vaporiser 2 fois à 5 minutes d’intervalle, afin d’éviter que le feuillage ne sèche trop rapidement (il faut que la plante ait le temps d’absorber l’eau). Cette technique est celle que j’utilise sur les plantes à tempérament « sec » car dans leur milieu naturel, elles reçoivent de l’eau essentiellement sous forme de brouillard.

L’immersion : le but est simple, « noyer » complètement la plante pendant quelques minutes, la laisser égoutter et la remettre en place. Cette méthode est plus efficace que la vaporisation puisque toute la surface de la plante est au contact de l’eau. Cela est d’autant plus vrai pour les espèces très écailleuses, difficiles à humidifier correctement avec de simples vaporisations (T. usneoides par exemple). Le problème avec cette méthode se pose lorsque l’on a une collection importante (car c’est plus long) ou de très gros spécimens difficiles à immerger. C’est une méthode très efficace pour les plantes à tempérament « humide » ou pour réhydrater une plante en stress hydrique (déshydratée). On reconnait facilement ces plantes : leurs feuilles sont recourbées, contractées sur elles-mêmes en gouttière presque fermée (voir photo ci-dessous). Dans ce cas, n’hésitez pas à laisser votre plante immergée 2 ou 3 heures. Ce bain lui fera le plus grand bien !

 

 

Note : en extérieur, si vos plantes prennent la pluie, n’arrosez que s’il n’est pas tombé une goutte d’eau pendant des jours. Les années pas trop sèches, vous n’aurez presque rien à faire l’été en termes d’arrosage. Veillez simplement à apporter de l’engrais de temps en temps.

 

Engrais

          Bien que frugales du fait de leur mode de vie en épiphyte, les Tillandsia ont besoin d’apports en minéraux, notamment en Azote (N), en Phosphore (P) et en Potassium (K). Dans la nature, ce sont les débris végétaux, le ruissellement de l’eau le long des branches de l’arbre hôte ou l’activité animale qui apportent les minéraux à la plante. Chez vous, il faudra utiliser de l’engrais adapté (l’engrais ‘Orchidées’ du commerce peut faire l’affaire) à une fréquence moyenne d’1 à 2 fois par mois l’été et une fois tous les mois ou 2 mois l’hiver. Quelques règles à respecter :

  • N’engraissez jamais 2 fois de suite. Alternez toujours avec au moins un arrosage sans engrais (de manière à « rincer » les feuilles et limiter les dépôts minéraux).
  • N’engraissez jamais un Tillandsia s’il fait trop chaud ou s’il montre des signes de déshydratation.
  • N’engraissez que modérément les Tillandsia fragilisés par des maladies ou des erreurs de culture.
  • Dans le doute, n’engraissez pas. Les Tillandsia mettent dans le pire des cas 1 à 2 années à mourir par manque d’engrais, vous avez le temps !
  • Divisez par au moins 4 les doses indiquées sur l’étiquette des engrais pour orchidées achetés en grandes surfaces. De plus en plus, je préfère ne mettre que quelques gouttes par litre (ce qui revient à diviser les doses par plus de 10 !), et c’est suffisant.

          Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire cet article dédié aux besoins en minéraux des plantes et à l’utilisation des engrais.

Note : il existe une autre méthode, plus proche de ce qui se passe dans la nature et qui consiste à dispenser de l’engrais à chaque arrosage ou presque, mais à des doses très faibles. J’ai obtenu de bons résultats en ne mettant que quelques gouttes d’engrais pour plantes vertes par litre d’eau d’arrosage. Evidemment, il est préférable de temps en temps (1 fois par mois) d’arroser en immersion avec de l’eau sans engrais, juste pour lessiver les éventuels dépôts minéraux.

 

Les supports de culture

          Puisque ce sont pour la plupart des plantes épiphytes, les Tillandsia n’ont pas besoin de terre ou de pots mais préfèrent vivre sur l’écorce d’autres végétaux. Cela dit, un support quelconque, du moment qu’il ne retienne pas trop l’humidité et qu’il soit non toxique pour les plantes, peut convenir. Pour cultiver votre plante en épiphyte il suffira alors de ligaturer la plante sur celui-ci. Je vous conseille quand même une branche ou un morceau de liège/d’écorce car c’est plus naturel et les plantes s’accrochent plus facilement dessus. Certaines espèces, lithophytes ou saxicoles, peuvent aussi s’épanouir sur des supports minéraux (pierre, morceaux de roche…).

          Pour accrocher vos plantes, utilisez du fil de fer fin, du raphia ou mieux : découpez des bandelettes dans des collants usagés, c’est plus discret et moins agressif pour la plante. Veillez dans tous les cas à ne pas trop « étrangler » la plante en serrant trop fortement le lien. A l’inverse ne la laissez pas trop libre de mouvements, de façon à ce que les racines puissent s’ancrer au support. Vous pouvez également rajouter un crochet sur le bois ou la plaque de liège pour pouvoir les disposer où vous voulez. Si vous voulez apprendre à réaliser ces montages, lisez cet article.

          Les photos ci-dessous montrent un exemple de plante cultivée en épiphyte sur une branche, et la même plante cultivée en épiphyte sur du liège (j’ai eu envie de changer :)). Dans les 2 cas, j’ai utilisé des bandes de collants usagés pour lier les plantes, comme expliqué dans l’article.

 

La même plante cultivée sur un simple bout de bois ou sur un morceau de liège

 

          Vous pouvez aussi les cultiver sans support, simplement avec un crochet (par exemple certaines espèces comme T. usneoides ou les gros sujets, comme mon gros T. duratii). Et oui, en général les plantes épiphytes ne nécessitent un support que pour ne pas tomber, si vous vous chargez de cela, elles pourront vivre sans !

          Il est également possible de les coller. Bien que n’étant pas adepte de cette technique elle peut s’avérer utile lors de la réalisation de certaines compositions. Voici quelques conseils de base :

  • N’utilisez que des colles naturelles (colle à bois, cire de bougie non parfumée ou pistolet à colle). Attention à ne pas brûler la plante si vous utilisez la cire ou le pistolet à colle !
  • Appliquez la colle sur l’extrémité sèche à la base de la plante. Evitez de toucher les feuilles.
  • Si vous utilisez de la colle chaude (cire, pistolet à colle), appliquez la colle sur le support et laissez refroidir un peu avant de placer la plante pour ne pas la brûler.

 

La floraison

          Les Tillandsia fleurissent à des périodes différentes suivant l’espèce, généralement à la fin du printemps ou de l’automne. Le manque de floraison est souvent dû à un manque de lumière ou d’engrais. Mais n’oubliez pas, la plupart de Tillandsia sont monocarpiques, ils fleurissent et meurent ensuite (si tout se passe bien, après avoir fait des rejets rassurez-vous !).

          Une fois les fleurs fanées, vous pouvez les couper (vous pouvez aussi couper entièrement l’inflorescence une fois qu’elle est sèche). Cela n’a pas grande importance pour la réussite des Tillandsia. Faites-le surtout si vous n’êtes pas intéressés par les fruits ou les graines (car sinon vous allez fatiguer inutilement votre plante si les fleurs sont fécondées et qu’elles utilisent de l’énergie pour fabriquer des graines qui ne vous intéresseront pas).

 

Les rejets

          Après le spectacle de la floraison, la naissance des rejets :). Ils peuvent cependant apparaître quelquefois avant la floraison, cela dépend des espèces (et quelquefois directement sur l’inflorescence, comme chez T. secunda). Le nombre de rejets est aussi très variable, une plante en bonne santé et âgée en produisant davantage. La plante mère va alimenter ses petits jusqu’à sa mort si c’est une espèce monocarpique ou jusqu’à ce que le rejet se détache de lui-même.

          Ce qu’il y a de magique avec l’apparition des rejets sur des plantes nouvellement achetées, c’est qu’ils sont toujours plus adaptés que la plante mère. En effet lorsque vous achetez une plante, elle va (plus ou moins) souffrir des changements des conditions de culture une fois arrivée chez vous, c’est tout à fait normal. Mais cela ne sera pas le cas du rejet qui aura vu le jour dans votre environnement. Ainsi, il n’est pas rare de voir des plantes stressées avec un rejet qui ne l’est pas ou une plante mère dont le rejet est plus grand. En guise d’exemple, voici un Tillandsia qui présente depuis plusieurs années un léger stress hydrique (le pied mère à droite). Le rejet (à gauche), quant-à-lui, ne semble pas souffrir de ce manque d’humidité alors qu’évidemment, ces 2 plantes sont cultivées exactement de la même façon et au même endroit :

 

Résistance des rejets à un stress donné par rapport au pied mère

 

          Le phénomène d’adaptation peut parfois s’observer sur plusieurs générations, ce qui peut se manifester aussi par un accroissement en taille des rejets, au fur et à mesure des générations, jusqu’à atteindre la taille maximum de l’espèce. Pour illustrer cela, voici la photo d’un Tillandsia qui a eu bien du mal à s’adapter chez moi et a même failli mourir. Depuis, 3 rejets issus de générations successives sont apparus. En observant la photo ci-dessous, plusieurs choses sont à noter :

  • Les rejets sont de plus en plus grands, et de plus en plus beaux.
  • Les rejets poussent et fleurissent de plus en plus vite au fil des générations, jusqu’à se stabiliser une fois que la vitesse « normale » de croissance de l’espèce est atteinte. Cela est facile à calculer puisque les rejets apparaissent l’année de la floraison. J’ai donc dû attendre 3 ans pour voir fleurir le pied mère, 2 ans pour voir fleurir le premier rejet et un an seulement pour voir fleurir le deuxième.

 

Augmentation en taille des rejets au fur et à mesure des générations

 

          Pour finir, sachez que la production de rejets conduit au fil des années à la formation de véritables « boules » où des dizaines de Tillandsia, issus de générations successives, poussent ensemble. C’est un spectacle assez rare en culture chez nous, mais c’est tout à fait possible avec certaines espèces (j’ai plusieurs boules issues de plantes solitaires à l’origine). Voici un des plus bel exemple qu’il m’a été donné de voir :

 

 

          Voila pour la partie scientifique, mais qu’en est-il au niveau de la culture ? La principale question qui se pose alors concerne la séparation des rejets de la plante mère et le bon moment pour le faire. Voici quelques éléments de réponse :

  • La séparation est possible, mais attendez que le petit ait atteint la moitié de la taille de la mère. si vous sentez que vous ne pourrez pas les séparer sans blesser une des 2 plantes, attendez encore un peu.
  • Un rejet poussera beaucoup plus vite tant qu’il est connecté à la plante mère (patience donc…), mais deviendra plus grand s’il est séparé (car il aura plus de « place »).
  • N’oubliez pas que la plante mère, une fois défleurie, n’est là que pour nourrir ses petits. Cela est d’autant vrai si vous ne voulez pas des graines (et que vous avez donc coupé l’inflorescence fanée) et si l’espèce est monocarpique. Elle pourra ainsi « tamponner » les erreurs de culture. Par exemple si vous ne donnez pas assez d’engrais à votre petite famille de Tillandsia, le pied mère se chargera de compenser en sacrifiant une ou plusieurs de ces feuilles, afin d’alimenter correctement les rejets.

Note : au début de leur croissance, les rejets peuvent avoir un aspect différent de la plante mère. C’est normal, on parle alors de rejets hétéromorphes (isomorphes lorsque rejet et plante mère sont identiques).

 

 Les graines

          Après la floraison (et si les fleurs ont été fécondées) les fruits se développent. Chaque capsule peut contenir plusieurs dizaines de graines. Il est tout à fait possible de les faire germer chez soi mais il y a quelques règles à respecter :

  • Les graines étant très petites (et les Tillandsia étant épiphytes), elles vont avoir besoin de toute votre attention car au moindre oubli d’arrosage, les jeunes peuvent se dessécher très rapidement.
  • Les graines sont munies d’aigrettes et elles ont tendance à s’envoler lorsqu’elles sont sèches et vous risquez d’en perdre lorsque vous les arroserez.

         Pour pallier ces 2 problèmes, il existe un moyen tout simple qui consiste à glisser les graines au niveau de la base des feuilles de la plante mère. En effet les écailles présentes sur les feuilles vont « scratcher » les graines et elles ne s’envoleront pas. De plus, Les graines profiteront de l’humidité produite par la plante mère et en arrosant celle-ci, vous arrosez les petits. Pour ceux qui veulent faire germer leurs graines en conditions plus contrôlées, il est possible de les disposer sur un cadre recouvert de nylon qu’il faudra humidifier régulièrement. Voici un exemple :

 

 

         Voici les petits (au bout des flèches noires) au bout de 3 semaines passées sur ce cadre :

 

 

         Une fois les graines germées, il faudra les retirer du cadre (car elles y sont trop serrées) et les disposer ailleurs, par exemple à la base d’une feuille adulte, bien à l’abri (mais pas trop car même petits, les Tillandsia ont besoin de lumière, mais jamais de soleil direct !). Pour en savoir plus sur cette technique, lisez cet article dédié au petit cadre à bébés Tillandsia.

 

Les espèces faciles pour débuter

          Fort de ces conseils avisés vous ne souhaitez qu’une chose, choisir une espèce simple pour pouvoir vous exercer ? Pas de problèmes, voici une liste des espèces les plus faciles à trouver et à cultiver. Pour en savoir plus sur ces espèces, cliquez sur leur nom, vous serez redirigés vers leur fiche botanique :

    • T. aeranthos  (un des plus connu, aime la lumière et tolère le soleil direct).
    • T. bergeri  (espèce très proche de T. aeranthos).
    • T. caliginosa  (forme originale, espèce très résistante aux erreurs de culture).
    • T. caput-medusae  (belle forme et culture aisée).
    • T. cyanea  (le plus connu et un des plus beaux Tillandsia. Espèce facile lorsqu’elle est vendue et cultivée en pot).
    • T. duratii  (mon préféré 😉 une forme extraterrestre… et une floraison spectaculaire. Facile de culture avec une bonne luminosité et une bonne aération).
    • T. fasciculata  (plante très résistante).
    • T. fuchsii f. gracilis  (petite espèce assez tolérante).
    • T. harrisii  (très belle espèce « blanche »).
    • T. ionantha  (petite espèce formant rapidement de nombreux rejets).
    • T. juncea  (belle espèce à l’apparence herbacée, nécessite une bonne aération).
    • T. latifolia  (belle plante très décorative et robuste, facile à cultiver du moment qu’elle reçoit beaucoup de lumière).
    • T. seleriana  (proche de T. caput-medusae, le pied mère survit longtemps après la floraison).
    • T. stricta  (belle espèce à floraison très sympathique).
    • T. tectorum  (espèce magnifique au feuillage plumeux).
    • T. velutina  (espèce très florifère).
    • T. xerographica  (un des Tillandsia les plus xérophyte), si vous n’êtes pas fan des arrosages et que vous disposez d’un endroit très lumineux, cette espèce est faite pour vous).

 

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Suite : les hybrides, variétés et cultivars de Tillandsia